A son entrée à l'Elysée, vraisemblablement le mercredi 16 mai, Nicolas Sarkozy devra tout d'abord nommer son Premier ministre. Pour l'instant, François Fillon est le favori pour occuper Matignon. La formation du gouvernement devrait logiquement avoir lieu dans la foulée, et quoi qu'il en soit, au plus tard le samedi 19 ou dimanche 20.
Sur le plan de politique intérieure, la nouvelle équipe dirigeante aura déjà un dossier chaud : la préparation des élections législatives, fixées au dimanche 10 et dimanche 17 juin. L'objectif du gouvernement : obtenir la majorité la plus large possible à l'Assemblée mais aussi la plus rassembleuse possible, notamment vers le centre et l'UDF.
Les trois premiers jours
De son côté, Nicolas Sarkozy mettra en œuvre ses premières priorités. "Le premier jour", avait-il confié au Monde avant le premier tour, il proposera "quatre conférences pour septembre": sur l'égalité salariale, sur le contrat de travail unique, sur l'amélioration des conditions et sur "la démocratie sociale". Le lendemain sera consacré à l'environnement, et le troisième jour à deux visites à Bruxelles et Berlin afin de relancer l'Europe.
Le 30 mai, seront publiés les chiffres du chômage pour avril, avec en toile de fonds la polémique sur l'ampleur du recul du chômage, la fiabilité des statistiques et les moyens de relancer l'emploi. Le 1er juillet, ce sera la révision annuelle du Smic, qui s'élève depuis le 1er juillet 2006 à 984 euros net mensuels (1254,28 euros brut).
Session extraordinaire
Pour mettre les mesures de son projet en place, le chef de l'Etat convoquera une session extraordinaire du Parlement pour juillet. Si la majorité sortie des législatives lui est favorable, la mise en place d'un service minimum dans les transports fera l'objet d'une loi si les partenaires sociaux ne se sont pas mis d'accord avant. Le Parlement aura aussi très vite à débattre de l'instauration de peines planchers pour les mineurs multirécidivistes. Le nouveau gouvernement devrait également faire voter un collectif budgétaire, dans lequel il inscrira ses priorités, notamment fiscales. Il s'attèlera parallèlement à la préparation du projet de budget pour 2008, qui sera présenté en septembre. Il devra également préparer la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008. Un gros morceau, puisqu'avec 295,5 milliards d'euros en 2007, le budget de la Sécu est supérieur à celui de l'Etat (267 milliards d'euros). En 2007, il affichait un déficit de 8 milliards.
Côté industriel, la fusion Suez-GDF, en panne depuis plusieurs mois, sera un dossier brûlant, tout comme le plan de restructuration d'Airbus, avec ses 10.000 suppressions d'emplois prévues. Côté éducation, les enseignants et leurs syndicats exigent en agitant notamment la menace d'un boycott du bac l'abrogation du décret dit "Robien" qui allonge leur temps de travail et permet aux chefs d'établissement de leur imposer d'enseigner deux matières.
Sommet du G8
Côté international, outre la situation de l'otage français retenu en Afghanistan, Nicolas Sarkozy représentera la France du 6 au 8 juin au G8 de Heiligendamm, en Allemagne, puis au Conseil européen à Bruxelles les 21 et 22 juin.
